Thérapie manuelle pour une performance optimale

Par André Filon

B.Sc. Kinésiologie avec mineure en massokinésiothérapie, PN1© , AMN L1©, L2©

Si tu lis cet article, il y a de fortes chances que tu sois un athlète ou quelqu’un qui s’entraîne de façon régulière. Tes objectifs peuvent d’être plus performant dans ton sport ou simplement d’atteindre des objectifs de santé ou d’apparence physique.

Chaque semaine, ce sont au minimum 3 à 5h qui sont passées à soumettre ton corps à divers stress afin de le rendre meilleur. Chaque charge de stress nécessite une phase de récupération au corps afin de lui permettre de compenser. Je vais donc te parler de l’importance d’une méthode de récupération qui s’avère primordiale à ton succès : la thérapie manuelle.

Par ces termes, j’entends tous les traitements manuels qui visent à rétablir ou améliorer les fonctions du corps humain.

Pourquoi devrais-je y avoir recours?

La santé du tissu musculaire : le muscle est comme un élastique qui s’étend et se raccourcit. Il n’est pleinement fonctionnel que s’il a la possibilité de réaliser son action. Selon notre mode de vie, les activités physiques que l’on exerce et les occupations que l’on occupe, nos muscles se raccourcissent. Le corps fonctionne selon deux principes simples : «Je développe ce que j’utilise» et «Je me débarrasse de ce que je n’utilise pas».[i]

Par exemple, un joueur de hockey ou un travailleur qui passe de longues heures assis dans un bureau ont souvent les muscles fléchisseurs de la hanche raccourcis et les muscles extenseurs inhibés. Le système nerveux, afin de s’adapter au stress répété, modifiera la tension des muscles (dans ce cas-ci : augmenter la tension des fléchisseurs et diminuer celle des extenseurs). C’est une des raisons pour laquelle une grande partie de la préparation physique est de venir travailler les mouvements contraires à ceux  spécifiques au sport afin de rétablir un équilibre au niveau des articulations.

Ce sont des composantes qu’il est possible de «remettre à 0» grâce aux thérapies manuelles.

Le système nerveux, le gérant du corps humain.

Le système nerveux autonome peut se diviser en deux catégories : le système nerveux sympathique et parasympathique.

Le système sympathique est celui qui active l’organisme : il est surnommé système de «fuite ou de lutte» parce qu’il prépare le corps à réaliser l’un ou l’autre.

Le système parasympathique est celui qui ralentit les fonctions de l’organisme : il est surnommé système de «repos et digestion».

Effets du système sympathique : [ii]

Dilatation des pupilles

Augmentation de la pression sanguine et de la fréquence cardiaque

Dilatation des voies respiratoires

Stimulations des glandes endocrines (hormones)

Diminution de la digestion

Stimulation sexuelle

Effets du système parasympathique : [iii]

Constriction des pupilles

Diminution de la pression sanguine

Contraction des voies respiratoires

Stimulations des voies digestives

Un équilibre entre ces deux systèmes constitue un fonctionnement optimal du corps.

Les zones lésées ont une activité sympathique plus élevée. (3) (4)[iv]

«Painful, stressful, and emotional experiences all cause changes in hypothalamic activity. In turn, the hypothalamus controls the autonomic nervous system and regulates body temperature, thirst, hunger, sexual behaviour, and defensive reactions such as fear and rage.» (Tortora and Grabowski, 1996).

«Les expériences douloureuses, stressantes, et émotionnelles provoquent des changements dans l’activité hypothalamique. À son tour, l’hypothalamus contrôle le système nerveux autonome et régule la température du corps, la soif, la faim, le comportement sexuel, et les réactions défensives telles que la peur et la rage.» (Tortora et Grabowski, 1996).

Je suis d’avis que pour traiter efficacement un trouble, il faut s’attaquer à la cause et non aux symptômes ou aux signes. Si on part du principe que toutes les contractions musculaires et que les échanges cellulaires sont régis par le système nerveux, selon moi, toute thérapie devrait inclure des stimulations nerveuses appropriées afin d’obtenir des résultats durables.

C’est pourquoi je complémente ma pratique avec diverses techniques permettant de ramener le corps en parasympathique et ainsi régler les troubles empêchant une performance optimale du corps. [v]

Travailler avec le système nerveux permet d’obtenir des résultats sur le traitement des douleurs mais aussi la mobilité et la force.

Un système optimisé est un système qui peut fonctionner au meilleur de ses capacités : une fois débarrassé de ses restrictions, le corps peut exprimer son plein potentiel : sauter plus haut, courir plus vite, avoir une meilleure coordination de mouvement, etc… et tout cela sans douleur.

Conclusion :

Pour performer au meilleur de ta forme, une alimentation, un régime d’exercice, un sommeil et une gestion du stress de qualité restent primordiaux mais ne néglige pas les traitements appropriés afin de maintenir la qualité de tes mouvements.

Références supplémentaires :

Functional connectivity in human cortical motor system: a cortico-cortical evoked potential study.

Matsumoto R, Nair DR, LaPresto E, Bingaman W, Shibasaki H, Lüders HO. Brain. 2007 Jan;130(Pt 1):181-97. Epub 2006 Oct 17.

Pickar and Bolton, 2012; Schmid et al, 2008: Therapeutic effectiveness attributed to stimulation of the cortex

[i] Kolb B, Gibb R. Brain Plasticity and Behaviour in the Developing Brain. Clarke M, Ghali L, eds. Journal of the Canadian Academy of Child and Adolescent Psychiatry. 2011;20(4):265-276.[ii] McCorry LK. Physiology of the Autonomic Nervous System. American Journal of Pharmaceutical Education. 2007;71(4):78.[iii] McCorry LK. Physiology of the Autonomic Nervous System. American Journal of Pharmaceutical Education. 2007;71(4):78.[iv] Becker, O. Robert, Seldon Gary. The Body Electric. Electromagnetism and The Foundation of Life. New York: Morrow 1985                                                                                                                                     David M. Hallman and Eugene Lyskov (2012). Autonomic Regulation in Musculoskeletal Pain, Pain in Perspective, Dr. Subhamay Ghosh (Ed.), InTech, DOI: 10.5772/51086.

Available from: http://www.intechopen.com/books/pain-in-perspective/autonomic-regulation-in-musculoskeletal-pain

[v] BARR,J.S., TASLITZ, N. The Influence of Back Massage on Autonomic Functions, Vol 50, Number 12, December 1970.